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A blog apart , VIVE LE CINEMA

21 août 2005

OLD BOY - 2003

De : Park Chan-wook

Avec : Choi Min-shik, Yoo Ji-tae, Kang Hye-Jeong, Kim Byeong-Ok, Ji Dae-Hang, Oh Dal-Su, Lee Seung-ji et Yoon Jin-Seo

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Synopsis
A la fin des années 80, Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un jour devant chez lui. Séquéstré pendant plusieurs années dans une cellule privée, son seul lien avec l'extérieur est une télévision. Par le biais de cette télévision, il apprend le meutre de sa femme, meurtre dont il est le principal suspect. Au désespoir d'être séquestré sans raison apparente succède alors chez le héros une rage intérieure vengeresse qui lui permet de survivre. Il est relâché 15 ans plus tard, toujours sans explication. Oh Dae-Soo est alors contacté par celui qui semble être le responsable de ses malheurs, qui lui propose de découvrir qui l'a enlevé et pourquoi. Le cauchemar continue pour le héros.

Mon avis

Le cinéma coréen vient de trouver un nouveau géni, j'ai nommé Park Chan-wook !

Un mélange de sucré et de salé, de violence et de poésie, ni trop peu ni de trop. Du moins la violence touche ici un haut niveau mais est vite adoucies par des musiques et des plans magnifiques et très poétiques. En quelque sorte le reflet du cinéma asiatique. Effectivement, les scènes de combats Tarantinesque où les coups de haches se multiplient des dents arrachées par ces haches... on pourrait dire qu'on a mal pour eux. Dont une scène qui m'a frappé, celle où le gars qui s'est fait arracher plein de dents veut se venger en refesant le même coup à celui qui lui à fait subir cette torture avec une hache me scotche au fauteuil, tout mon corps est crispé et tendu et au moment où il va harracher la dent avec sa hache, il fait finalement semblant de le faire et dit à peu près cette phrase : "La douleur est plus grande quand on l'imagine alors détent toi...". Et cette phrase reflette nous reflette bien l'aspect de la peur et de la douleur.

La vengeance, un thème à la base simple et pourtant un scénario tant élaboré qu'on oublie le thème de départ. En parlant de vengeance, je ne peux m'empêcher de recommencer une nouvelle comparaison avec "Kill Bill" de Quentin Tarantino. Même thème, même violence (exemple : la scène où Oh Dae Su fait son carnage digne de "Béatrix Kido") mais pas même style, logique, deux continents donc deux cultures différentes. Et à ce niveau on peut dire que la musique change complètement la donne ! D'un côté les musiques très prenante de Tarantino, de l'autre côté la musique douce et poétique qui rend ce film un peu plus subtile que "Kill Bill"... Mais là, je ne fais comparaison qu'avec le premier opus de cette saga ("Kill Bill") car si je comparais avec les deux et que je tenais compte que "Kill Bill" ne forme qu'un seul et même film, je devrais préciser que le suspense reste sur le même pied d'égalité. Mais il n'empêche que je préfère "Kill Bill" de Tarantino. Mais ressortons de cette comparaison incompréhensible et reconcentrons-nous un peu plus sur ce film...

Au casting, presque tous sont inconnus et en sont à leur début. Et quel début ! On pourrait presque parler de film à suspense, c'est le cas. Park Cahn-wook arrive à nous tenir sous tension pendant 2h sous l'intermédiaire de la musique, de l'histoire qui s'avance au fur et à mesure, le jeux des acteurs et puis le relachement avec un dénouement tout à fait inattendu. Tout ces ingrédients font clairement pensés à ceux d'Hitchcock...

Old boy est donc une oeuvre multi-facettes, à la fois burlesque, drôle, violent, poétique,... qui ne laissera personne indifférent !

Posté par ablogapart à 23:47 - Chan-wook - Commentaires [13] - Permalien [#]

Commentaires

    Old Tim

    La première chose qui frappe, c’est la sublime complexité du scénario, superbement dessiné et structuré. Le thème de la vengeance, extrêmement délicat à adapter au cinéma, trouve ici une issue tout en nuance. A regarder ce que le cinéma a proposé sur cette thématique, il faut constater qu’il n’existe pas grand-chose d’aussi subtile qu’ « Old Boy », dont le thème de vengeance ne constitue pas une fin en soi, mais un moyen d’élargir le champ de questionnement vers l’universel, dans une réflexion existentialiste : « Ris et tout le monde rira. Pleure et tu pleureras tout seul ». Sûr que le scénario cherche autre chose que de se venger après une lourde humiliation car il pose la question fondamentale de savoir ce qui peut encore motiver après avoir assouvi sa vengeance, et plus largement, ce qu’il reste comme moteur de vie après avoir assouvi un désir précieux. Le scénario choisit les extrêmes dans un cheminement qui part de l’humiliation vers la vengeance pour obtenir des réponses existentielles et humanistes. A cet égard, je ne peux m’empêcher de comparer cette structure de récit avec « Kill Bill » de Tarantino, et de vraiment préférer la vision de Chan-Wook Park.
    La mise en scène très innovante, sublimement photographiée, habilement structurée, offre un esthétisme tout particulier, inédit et atypique. Avec un goût certain pour la violence, le cinéaste coréen propose une vision excessive, dont il aurait pu à quelques moments se passer comme la scène d’arrachage des dents, trop voyeuriste selon moi. C’est pour cette raison, selon moi, que ce cinéaste au talent fou n’a pas encore atteint la maturité d’un Haneke, Kusturica, Kubrick, Lynch, Peckinpah ou Leone dans l’expression de la violence mise en image. Un petit manque de recul et de dérision donc. Il n’en reste pas moins un feu d’artifice de créativité et d’énergie proche de la perfection. Metteur en scène à observer de très près !

    Posté par Chris, 22 août 2005 à 00:23
  • Chris boy

    Encore une fois tu préfère un autre que Tarantino ! lol
    Moi aussi j'allais faire la comparaison avec Kill bill (décidément)...

    Très beau point de vue !

    ++

    Posté par Tim, 22 août 2005 à 02:57
  • Repère

    Ben oui, tous les films ayant pour thème "la vengeance" seront susceptibles d'être comparés. De plus, je fonctionne beaucoup comme ça, à comparer. Comment comprendre la force d'un film sans comparer ?

    Posté par Chris, 22 août 2005 à 08:09
  • Comme d'hab!

    Je n'ai pas vu ce film, comme dh'abitude d'ailleurs en ce qui concerne les films asiatiques puisque je n'en voit que très très peu.

    Mais Old Boy, m'a l'air vraiment très bien fait que se soit au niveau de sa réalisation, que dans son scéanrio qui semble prenant.
    J'attends ta critique et je reviendrais déposer un com lorsque je l'aurais vu!

    cine-world.skyblog.com

    Posté par Theo, 22 août 2005 à 11:07
  • Pfffffff

    Je crève d'envie de voir ce film ... et je n'ai toujours pas trouver le temps ! C'est pô juste !!!

    Posté par the Acid Queen, 23 août 2005 à 02:37
  • Chris; Théo et Christel sont appelés à la barre

    Chris, Ben oui surtout que bcp de films ou de metteurs en scène sont à comparer avec Tarantino tant il "recopie" (moi j'entends par là que le résultat de ses films sont toujours très "Tarantinesque") tout le monde ! Oui toi et moi, ça fonctionne de la même manière ! Mptdr³³³

    Théo, moi aussi je ne connaissais que très peu ce cinéma mais au fur et à mesure que tu le regardes, tu peux même dire que c'est mieux que le cinéma américain du moment ! Mais j'attends avec impatience ton avis sur ce film !

    Christel, faut que tu le vois, ça en vaut vraiment la peine ! )

    Kiss à vous 3

    Posté par Tim, 23 août 2005 à 03:14
  • Je confirme : c'est un complot!!! mdrrrr

    Bon ben va vraiment falloir que je m'y mette...
    Cette fois je crois que j'ai plus trop le choix! lol
    Christel... on mettra un joli bonnet d'âne, et on matera ensemble :-p

    Kissouilles à tous!

    Posté par Stef, 23 août 2005 à 11:52
  • Stef complot

    Oui il va falloir si mettre et sérieusement !!!
    Je vous encourage de tout coeur Christel et toi !


    Kiss

    Posté par Tim, 23 août 2005 à 13:38
  • Pffffff

    J'ai trop hâte de le voir!!!! :'(

    Posté par Bastien, 23 août 2005 à 14:12
  • Glou glou !

    Je n'ai pas vu les deux films mais In the mood for love, je le vois dans la semaine
    je viendrai te mettre un commentaire dès que je l'ai vu !

    Et aussi j'tenais à t'dire que c'est super que tu mettes plein de films différents maintenant ! Ton blog devient vraiment de plus en plus chouette !
    Bravo Titou ! :p

    Posté par Tarantinette, 23 août 2005 à 16:23
  • Une vraie bombe. Je l'ai déja dit 100 mille fois mais ce film est hallucinant un grand moment de cinéma. A voir et à revoir

    Posté par cinefan, 23 août 2005 à 23:44
  • pas aussi choquant qu'on a bien voulu le dire

    On a un peu trop tendance à classer Old Boy dans la catégorie des films coup de poing qui choque par sa violence visuelle et psychologique. Si on sait d'où vient cette réaction (Tarentino, Prix à Cannes, tout ça quoi), on peu néanmoins s'interroger sur son ampleur. Rumeur d'œuvre choc largement alimentée par les diverses critiques festivalières puis lors de la sortie en salles. En découvrant le film, on se demande bien ce qui a pu les mettre tous dans un état pareil !


    Deuxième volet de sa trilogie sur la vengeance, Chan-Wook Park se lave de l'échec public de Sympathy for Mr. Vengeance en adaptant en manga en 8 volumes, en attendant de boucler son triptyque avec le prochain Sympathy for Lady Vengeance. Old Boy évite quand même de trop se calquer sur le modèle et change par exemple le mobile de la vengeance, offrant une nouvelle orientation et un message radicalement différent. Le point de départ est identique, le point d'arrivée varie du tout au tout. Le départ, c'est le calvaire peu enviable que subit Oh Dae-Soo, enlevé par un inconnu puis séquestré pendant 15 ans dans une pièce close sans savoir pourquoi ni même être libre de se suicider. Son seul lien avec le monde extérieur est une télévision qui lui apprendra d'ailleurs que sa femme a été assassinée. Quand Oh Dae-Soo est enfin libéré, son ravisseur lui laisse des indices afin que le prisonnier puisse le retrouver et se venger... Commence un jeu de piste machiavélique à l'issue évidement incertaine.
    Retors à souhait, le métrage repose sur les épaules de Choi Min-shik, présent dans chaque séquence et qui s'abandonne complètement à la folie de son personnage, passant de la jeunesse ivre des débuts à la vieille brisée de la fin, libérant une totale folie destructrice pour mieux s'effondrer en pleurant et payant de sa personne dans bons nombres de séquences (au hasard : celle où il mange un poule vivant, scène qui fut par ailleurs retournée 4 fois).


    L'évolution du personnage se fait au grès d'un jeu de piste brouillant les cartes et constamment à la lisière du fantastique (les fourmis). On peut même se demander si l'on n'est pas dans un rêve à plusieurs reprises. Cet état d'incertitude et d'étrangeté reflète non seulement le flou qui habite le héros qui ignore pourquoi il a été victime d'un tel piège (on découvre les évènements en même temps que lui) mais permet aussi d'accentuer les délires de la mise en scène qui ne prend pas vraiment pieds dans la réalité. Car bien plus que par son scénario, la première chose qui frappe l'esprit du spectateur, c'est bien la virtuosité de la mise en scène. Chan-Wook Park mène sa barque avec une inventivité de chaque instant en débutant par une scène en apparence anecdotique (le héros saoul qui parle beaucoup dans un commissariat) pour mieux lancer l'évènement clef qu'est l'enlèvement dans toute son horreur (une seconde d'inattention). S'en suivront les 15 années d'enfermement (qu'on aurait aimé voir durer un peu plus de 15 minutes tant cette partie est peut être la plus aboutie) où la caméra accomplit des prouesses pour marquer la folie progressive d'Oh Dae-Soo. Un plan fixe où le héros est déjà physiquement au ras du sol et pose des questions à un ravisseur dont nous ne verrons pas le visage, puis les fondus au noirs marquant le temps qui passe et la banalité progressive de l'acte suicidaire qui revient sans cesse, la démence latente (la caméra tournant à toute vitesse autour d'un décor cloisonné)... Captivant, comme une étude scientifique sur des rats de laboratoire enfermés.


    La solitude entraîne un manque d'affection et un isolement de sois (voir comment Oh Dae-Soo réapprend le contact physique en touchant le visage d'un inconnu avec un chien). La solitude affective entraîne la colère. Sans amour, on est seul, ce qui sera par ailleurs, sans rien révéler de la fin, un des motifs de la vengeance du bourreau. Ris, tout le monde rira avec toi. Pleure et tu seras seul à pleurer. L'amour est-il la seule chose qui nous prive de l'état d'animal ? Tel le yin et le yang, le héros se divise en deux entités, comme viendra le rappeler la scène finale. Une partie humaine qui ne souhaite qu'aimer et être aimer et une partie monstrueuse, celle des pulsions refoulée. On notera que si le monstre meurt, la partie qui l'emporte est avant tout celle d'un reflet fantomatique dans une vitre. La figure centrale du récit peut vivre à la fin mais tout en demeurant un fantôme de lui-même ignorant la vérité. La rédemption a-t-elle vraiment eu lieu, où ne demeure-t-il pas un état de mensonge qui tâche ce tableau idyllique de deux amoureux dans un décor à la neige maculée ?
    Quand à l'autre partie, le Monstre, elle est celle qui permet à Chan-Wook Park de se lâcher le plus dans des innovations visuelles bouffantes. Avec en tête un plan séquence sublime où l'on suit une baston dans un couloir tandis que la caméra opère un travelling latéral. Stupéfiant de beauté et de puissance évocatrice (un homme seul face à tous qui se débat pour survivre). Il y a un animal en chacun de nous. Quand on baise, on a mal. Quand on ment, on se fait arracher les dents. Et quand on parle trop, on se coupe la langue. Dans son délire finale, Oh Da-So ne va-t-il pas jusqu'à se prendre pour un chien ?


    Ce qui dérangera le plus dans cette histoire, c'est somme toute de voir une victime finir par être reconnaissante envers son bourreau. Le crime était minime (une rumeur) pour un châtiment excessive et manipulateur. Mais le bourreau et la victime ne valent-ils pas autant l'un que l'autre dans leur désir de vengeance ? L'un et l'autre n'ont-ils pas commis le même « délit » aux yeux de la société ? Il y a quelque chose de shakespearien là dedans. Old boy est une tragédie moderne, dimension clairement revendiquée par la musique du film (un peu de Vivaldi par-ci) et la thématique assez littéraire du film (on y évoque clairement le Comte de Monte Cristo) qui pose la question de savoir ce qu'il reste à l'homme vivant dans la vengeance une fois que sa vengeance est assouvie.
    Le film place cette thématique de l'homme animal dans un contexte social étouffant et, sans dévoiler l'un des principaux ressort dramatique, devient tranquillement un vibrant plaidoyer pour l'amour filial. Sans sombrer dans un « vive l'inceste », Old Boy diffuse un romantisme interdit, condamné à mourir dans une société qui rejette l'idée que deux personnes consentantes de même famille puissent s'aimer. Fort.


    Sous ses apparats de film trash, Old Boy est donc un thriller romantique, aussi brutal que fragile. A peine ampoulé par une fin explicative trop longue à tout vouloir expliquer, le film confirme l'étonnante vitalité du cinéma coréen (et plus largement celui d'Asie). La preuve ? C'est ricains définitivement en panne d'inspiration vont nous pondre un remake...


    NOTE : 5/6

    Posté par merovingien, 24 août 2005 à 12:47
  • Le devoir m'appelle

    Une nouvelle fois je me vois dans l'obligation d'intervenir, et d'ailleurs si tu mets du film asiatique, je vais être le partenaire particulier de ton blog lol, ton bras droit hi hi..
    Old Boy" est un film visuellement typé, stylisé, osé, aboutit où l'excès est presque atteint par moment. Mais Park Chan Wook a su créer et rester dans un contexte particulier mais tout à fait représentatif de l'univers mis en scène. Le personnage de Oh Dae-Soo est particulièrement bien choisi, passant du sourire aux larmes, de la vengeance violente à l'attitude fatiguée, épuisée. "Oldboy" est atypique, et attirant à la fois, une sorte de critique sur fond de violence à la Takashi Miike... Remarquable mise en scène, musique destructrice et ambiance opressante, voilà la clé d'accès de Old Boy, un film comme on en voit peu, et qui pourtant mérite que l'on s'y attarde...Reflexion sur l'homme, sur les choix, les paroles, les gestes qui entraînent des conséquences graves, Old Boy est plus qu'un film, il est une morale, une réelle prise de conscience, sur l'homme, et sur ses choix inéluctables.
    Wook, me fascine, il réalise après "Jsa", et "Sympathy for Mr Vengeance", une nouvelle oeuvre violente, mais jamais trop pour déplaire.
    En fait, le cinéaste Coréen, installe un climat d'opression, du début à la fin, mais avec une immense intelligence.
    Il créer un personnage magistral, touchant, émouvant et envoûtant, incarné avec brio à l'écran, par l'exceptionnel Choi Min-Sik.
    Adapté d'un manga japonais, du même nom, "Old Boy" est une oeuvre sincère, bouleversante, profondément dérangeante et cruelle. Mais c'est un plaisir sans fin, que de voir ce film grandiose, réalisé par un cinéaste inspiré, qui mérite de figurer dans mon top 15.
    Ce chef d'oeuvre du cinéma asiatique, et du cinéma en règle générale, est une bouffée d'air frais, une pause infinie, magique et révolutionnaire. Peut être l'un des meilleurs films qu'il m'ait été donné de voir.
    Je crois que je vais arrêter ici ma critique, Ce film vaut le coup d'oeil. Plus que cela, sa vision est obligatoire, pour ne pas passer à côté de quelque chose de déja culte........

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    Posté par Michael, 26 août 2005 à 20:47

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