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A blog apart , VIVE LE CINEMA

29 janvier 2006

MUNICH - 2005

De : Steven Spielberg

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Synopsis
Dans la nuit du 5 septembre, un commando de l'organisation palestinienne Septembre Noir s'introduit dans le Village Olympique, force l'entrée du pavillon israélien, abat deux de ses occupants et prend en otages les neuf autres. 21 heures plus tard, tous seront morts, et 900 millions de téléspectateurs auront découvert en direct le nouveau visage du terrorisme.
Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d'otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée "Colère de Dieu". Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d'une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l'attentat de Munich. Pour mener à bien cette mission ultrasecrète, les cinq hommes devront vivre en permanence dans l'ombre...

Mon avis
Après le plutôt décevant "La guerre des mondes", j'attendais Spielberg au tournant. J'étais très excité à l'idée d'aller le voir. Parce que Spielberg malgré ses récentes déceptions est un des plus grands cinéastes aujourd'hui ou du moins le plus populaire. Il a marqué le cinéma avec ses films, qu'on l'aime ou non.

Spielberg n'a plus rien à prouver et s'il choisit ce sujet, c'est bien parce que ça lui tient à coeur. Le film commence fort avec les terroristes Palestiniens qui prennent en otage les athlètes israëliens. Le ton est donné, on est parti pour 2h30 de très très bon cinéma. On assiste à la mission de Avner et de ses quatres hommes où ils ont pour but de tuer les 11 représentants du Septembre Noir. Ca peut paraître simple mais il n'est pas évident de parler du film après une seule vision. Donc nous parlons aussi de vengeance. Des films sur la vengeance il y en a eu plein et il y en aura toujours. Celui-ci en est il un digne représentant ? Oui ! Spielberg montre bien que la vengeance n'est qu'une spirale infernale dont il est impossible dans sortir. Dans ce genre de film, il ne faut pas rater son coup et bien maîtriser son sujet. C'est dur pour moi de dire si les faits sont représentés tels qu'ils se sont réellement passés. Bon je vais m'arrêter là en ce qui concerne la politique parce que je sens que je m'enfonce.

L'autre grosse claque c'est la crédibilité des acteurs et en particulier Eric Bana. Je ne l'avais vu que dans des petites daubes tels que "Troie" ou encore "Hulk" et c'est la première fois que je le vois dans un rôle à la hauteur de son talent et avec encore dans une peut-être future réussite dans le film de Curtis Hanson, le réalisateur du fabuleux "L.A. Confidential" ! Daniel Craig... mouais, je trouve qu'il surjoue un peu dans quelques scènes même si il n'est pas mauvais.

2h40 de film, ça peut être long dans un film "politique". C'est pour ça que j'avais prévu ma bouteille de coca pour ne pas m'endormir. Mais non j'ai accroché à l'histoire, à tout. L'atmosphère est très spéciale, on vit l'action. "Munich", un chef d'oeuvre ? On ne le sait pas bien. Ce qui est sûr, c'est que c'est boulversant. La fin n'est pas une fin hollywoodienne habituelle, non c'est tout autre chose ! Alors ? Encore envi d'être un James Bond ?

C'est un pari gagné pour Spielberg qui arrive à nous intriguer en 2h40 de film. Moi je dis chapeau l'artiste !

Courrez le voir ! Argument de poids : ma mère ne s'est pas endormie pendant le film qu'on a regardé à une séance de 20h00 ! Sachant qu'elle s'endore au bout de 20 minutes sur un film de 1h30...

Posté par ablogapart à 00:50 - Spielberg - Commentaires [15] - Permalien [#]

Commentaires

    Petit bijou!!

    Et bien quel article!!! Je suis assez impressionné! En plus, je viens d'apprendre ton âge!! Je suis d'autant plus étonné que vu la qualité de tes critiques, je t'aurais donné plus! Comme quoi!

    Sinon, pour Munich, j'ai bcp aimé, c'est un film fort, intelligent, passionnant et poignant!

    @ ++

    Posté par Theo, 29 janvier 2006 à 22:09
  • contrairement à toi, je ne trouve pas la Guerre des Monde décevant. je partage néanmoins ton avis sur Munich

    Qu'on aime ou pas Steven Spielberg, il faut bien reconnaître que le bonhomme ne s'est jamais distingué avec des brûlots engagés mais au contraire par ses divertissements de luxe ou ses oeuvres sérieuses à la thématique un rien facile (Amistad : l'esclavage, c'est maaaaaaaaaaaal ; Soldat Ryan : la guerre, c'est trop zorrible ; la Liste de Schindler : les camps de concentration, c'est pas bien). Par conséquent, tous les doutes étaient permis face à son nouveau projet prenant pour point de départ la prise d'otage d'athlètes israéliens par une organisation palestinienne et qui s'acheva dans le sang en 1972. Le réalisateur juif aux manettes d'une violente polémique ? Forcément, on attend de voir le résultat !


    Comment le papa d'E.T. pouvait-il franchement offrir un regard pertinent sur le conflit israélo-palestinien toujours d'actualité en se basant sur un évènement tragique passé ? Assurément non, mais on s'en fout car on comprend rapidement que l'orientation des ambitions est ailleurs. Certes, l'ouverture du film quasi-documentaire nous donne à voir une reconstitution tétanisante des évènements orchestrés par Septembre Noir, mais les causes de ce carnage sont à peine évoquées. La volonté de Yasser Arafat de renverser la monarchie hachémite est zappée, le massacre de dizaine de milliers de Palestiniens par le roi Hussein aussi, le création du Fatah dont sont issus les membres de Septembre Noir n'est pas évoquée... Oubli de Spielberg ne donnant aucune vision d'ensemble au problème ? Non, tout simplement une démarche narrative logique avec le propos du film qui démontre que la violence est contagieuse et que la haine de l'autre est un engrenage implacable menant l'Humanité à sa destruction.
    Car oui, avant toute analyse géopolitique et religieuse, le cinéaste ne s'attache qu'à l'être humain, à ses zones d'ombre et à son désir de vengeance. La Vengance... Faut-il rappeler qu'il s'agit du titre du livre de 1984 signé George Jonas et dont Munich est inspiré ? Faut-il également préciser que Vengeance fut le titre initialement envisagé par Spielberg ? Le générique du film, avec un canevas de nom de villes frappées par des attentats, montre déjà que peu importe le point de départ du récit (en l'occurrence Munich), le sentiment de haine et les motivations vengeresses éclate partout et avec des origines lointaines souvent oubliées.


    Lors de la longue séquence d'ouverture, le cinéaste expose sa note d'intention en adoptant la forme d'une fiction historique en mettant en perspective des JT relayant la prise d'otage et les regards attentifs des spectateurs. A un moment symbolique, un plan va relier les deux points de vue (réalité et fiction) en montrant sur un écran de télévision l'homme cagoulé sortir sur un balcon alors que l'arrière-plan nous fait prendre conscience que nous sommes justement aux côtés de cet homme (double fictif), le poste de télé se trouvant justement dans la chambre donnant sur le balcon. Pas de doute là-dessus, Spielberg nous invite à plonger du point de vue, certes romancée, des bourreaux et de leur justification. En donnant à voir les réactions des personnages (dont le héros) face aux Journaux Télévisés, le réalisateur nous renvoie à notre propre condition de spectateur et au choc qui nous secoue sans cesse devant les images d'attentats, notre perception des choses étant éminemment restreinte et sans recul historique. Les téléviseurs seront d'ailleurs un élément récurrent dans Munich, se retrouvant en tout pays et en tout lieux (café parisien, foyer israélien) comme s'il était le miroir déformé d'évènements jamais pris dans leur globalité.
    Par conséquent, même si le choix d'individus amateurs pour exécuter les commanditaires de Septembre Noir peut de prime abord passer pour une facilité dramatique (on s'attachera forcément plus à un père de famille banal qu'à un agent du Mossad formé pour tuer), il s'agit en vérité d'un moyen efficace de nous rattacher à la thématique de la vengeance et des questions morales qu'elle soulève. En somme, il s'agit exactement de la même démarche que sur la Guerre des Mondes où l'invasion extraterrestre était entièrement vécue par les yeux d'un américain moyen servant de catalyseur à la conclusion pessimiste (et incomprise) qui suggérait que le pire ennemi de l'homme est encore lui-même.


    La troupe de anti-héros incarne alors le prisme de l'humanité entière : elle est capable de marcher ensemble mais demeure divisée. Le besoin de véhiculer un nationalisme bâti sur des fondements religieux (car il va de soi qu'à travers le judaïsme, Spielberg englobe toutes les cultures) fini par éloigner chacun du simple bonheur familial de la sphère privé. Des éléments aussi simples que le père de Louis souhaitant qu'on l'appelle Papa tout en rejetant Avner de sa famille ou ce même Avner observant à deux reprises une cuisine inaccessible derrière une vitre sont les preuves flagrantes que Munich oppose la nation à l'idée de famille en dénonçant justement les fondements de la première.
    Impitoyable avec tout le monde (on peine parfois à croire que c'est bien l'auteur d'Indiana Jones qui est derrière la caméra), le cinéaste renvoie israélien et palestinien dos à dos en ne prenant parti pour aucun camp. Tout au long des 2h40 de métrage, il mettra les deux camps en parallèle comme pour montrer qu'aucun ne vaut mieux que l'autre. L'énumération des victimes de Septembre Noir est présentée en montage alterné avec les futures victimes de l'opération Colère de Dieu, la séquence quasi-comique où les membres du commando israéliens et ceux du camp palestinien se braquent mutuellement leurs armes dessus ou encore la mise en valeur d'une mort crue et dénudée où la vengeance est tout aussi sordide que l'acte originel. Dans le cas de ce dernier exemple, Spielberg démontre que la colère et la haine n'a pas de frontière et ne se limite pas à une guerre entre deux camps distincts, mais bien à des répercussions mondiales.


    Pris dans la spirale de la vengeance, chaque protagoniste finit par perdre ses valeurs et son humanité, en témoigne l'évolution physique d'Avner qui sera de plus en plus éclairé comme un cadavre. Même la découverte du corps de Hans reverra à cette idée de perte de l'âme, la scène étant filmée en contre-jour de sorte que la silhouette assise sur le banc soit assimilée à un fantôme. La vengeance est universelle, elle mène à leur perte de l'espèce humaine. C'est un cycle sans fin, une escalade dans la violence, chaque mort en apportant encore plus d'autres. Cette notion de violence transmissible explose dans une séquence bouleversante où Avner fait l'amour à sa femme pendant que le carnage final de Septembre 1972 est monté en parallèle, l'orgasme (et la transmission de la vie) se mêlant à la mort.
    On ne pourra que rester bouchée bée devant ce nouveau film de Spielberg qui est quand même le deuxième électrochoc de l'auteur en mois de 6 mois. Tourné en juillet et en août, monté en septembre puis mixé jusqu'à début novembre pour une sortie en décembre, on aurait pu craindre que le résultat final pâtisse d'une certaine précipitation. Il n'en est rien, Munich étant parfaitement maîtrisé et rempli d'idées de mise en scène propice à faire naître le suspens. La reconstitution historique, pourtant complexe car éparpillée entre plusieurs pays, est parfaite, des décors aux costumes même si certains clichés peuvent faire tiquer (le marché devant la Tour Eiffel avec le béret, la danoise vivant sur une péniche et les passant en bicyclette), musique de John Williams creuse des zones jusque là inexplorée et la mise en scène reprend certains effets de style du cinéma européen des années 70 pour renforcer la sensation de revivre une époque passée (longues focales, zoom, reflets...). Même satisfaction côté casting où Eric Bana est torturé comme jamais en tenant la dragée haute à un Daniel Craig opaque ou encore à un Matthieu Kassovitz décidément trop rare en acteur. A noter que les nombreux comédiens français du film sont étincellent même si très rares : Mathieu Almric est tout en nuance, Michael Londasle imposant et Valeria Bruni-Tedeschi fragile.


    Cinéaste à la thématique universelle (trop souvent assimilée à de la facilité), Spielberg poursuit sa description cruelle de la nature humaine allant sans cesse vers davantage de noirceur et de pessimisme en gommant définitivement les faux happy end de ses œuvres précédentes. La séquence finale et son renvoi aux attentats du 11 Septembre achève le spectateur en le mettant définitivement face à sa vraie nature : rompre la pain en faisant fi de nos différences est une utopie et toute la bonne volonté pour bâtir un monde meilleur ne saurai faire le poids face à la haine et la vengeance. Après tout n'oublions pas que les JO de Munich était à l'origine un symbole allemand pour célébrer la fin du nazisme...


    NOTE : 6/6

    Posté par merovingien, 30 janvier 2006 à 00:19
  • ///

    En ayant bien réflechi je crois que je vais aller le voir, mais rien que pour le thème. J'ai bien envie de voir ce que Spielberg va raconter là dessus.
    On verra, j'irais ce soir ou demain.

    Posté par Michael, 30 janvier 2006 à 08:30
  • Ben si ta mère....

    J'adore l'argument de ta mère !!! Mais c'est bien le propre de cinéaste, qui réussit à parler à toutes les couches de la population facilement. Mother phone hoooooooooome !!! mdr

    Posté par Chris, 30 janvier 2006 à 09:25
  • Test

    1.2 1.2 1.2

    Posté par Tim, 30 janvier 2006 à 17:12
  • hmmmm

    ben finalement je crois que je vais aller le voir...

    Posté par Tlina, 30 janvier 2006 à 17:20
  • Bof...

    Personnellement je suis resté sur ma faim... Certes Spielberg a fait d'énormes progrès, et une introspection sur son art impeccable, mais il manque pourtant un petit quelque chose qui m'empêche d'adhérer au film... Pour moi, réussi mais pas totalement...

    Posté par Bastien, 31 janvier 2006 à 22:43
  • Au fait

    Trop cool la photo de Kubrick pour illustrer mon lien merciiiiiiiiiiiiiiiiiiii ça me fais trop plaisir et trop d'honneur lol

    Posté par Bastien, 31 janvier 2006 à 22:44
  • Oui et non

    Oui pour le fait que Spielberg a réussi la performance de ne pas défendre une partie contre une autre.
    Non parce que je préfère regarder une bonne émission sur LCI quand je veux assister à un débat politique...

    PS Tim : superbe la liste des blog en images !

    Posté par Elminster, 31 janvier 2006 à 23:35
  • Yes!

    totalement adhéré au film! Je l'ai trouvé excellent moi! Pas mal l'argument de ta maman lol... Sinon excellent aussi les liens en image et bien entendu Batman pour moi! Quand je pense que je n'ai jamais vu un film sur le celebre "homme chauve souris"... Il faudra que je répare ca avec au moins celui de Burton!

    benoît

    Posté par Benoît, 01 février 2006 à 20:36
  • MERCIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!!!

    Ecoute, je voulais juste te remercier d'avoir mis l'image de Spielberg pour correspondre à mon blog! Tu ne poivais pas me faire de plus bel honneur car c'est mon réalisateur préféré et que je l'adoooooore purement et simplement!!

    Merchi! Merchi!! Merchi!!

    Très bon choix qui correspond, à la perfection à mes goûts!

    @ +++

    Posté par Theo, 02 février 2006 à 18:27
  • Ca y est !!

    J'ai vu... Résultat positif !!! bien joué, bien réalisé, très bien fait... pas tout à fait neutre non plus (mais je crois que c'est involontaire) mais qui peint admirablement l'escalade de la violence !

    Posté par Tlina, 04 février 2006 à 19:35
  • Mmmmh...

    Le commentaire d'Elminster, c'est exactement ce que je pense !
    Comme tu as pu le lire sur mon blog, je n'ai pas aimé. Et moi, par contre, j'ai failli m'endormir !
    Bravo à Spielberg de ne pas avoir pris de parti, malheureusement, ça ne suffit pas !

    Posté par Tarantinette, 05 février 2006 à 09:34
  • Polémique

    C'est marrant, je trouvais aussi que Spielberg n'avait pas pris de parti mais je pense maintenant que c'est parce qu'il a défendu mon point de vue. Je viens de tomber sur un site enttièrement consacré au fait que le film de Spielberg est antisémite.

    Les arguments sont les suivants : les athlètes israëliens sont tués et on en fait aucun cas. Par contre, on va voir des juifs tuer de sang froid un pauvre commerçant désarmé devant son ascenseur en Italie, exploser un membre de l'OLP avec sa jolie petite fille, etc. Le film de Spielberg est, pour ces gens-là, de la propagande pro-palestinienne. Donc de leur point de vue, Spielberg a pris parti.

    Tout le danger du film de propagande...

    Posté par NormaDesmond, 05 février 2006 à 22:45
  • Batman

    Ok Tim! MErci pour le com rapport à Batman !! Par contre pour Bastien je savais mais j'espère qu'il n'en a pas dévoilé trop (rapport mon nom de famille lol)

    Cia ociao

    Posté par Benoît, 06 février 2006 à 22:49

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