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A blog apart , VIVE LE CINEMA

05 janvier 2006

LA RAGE DU TIGRE - 1971

De : Chang Cheh

Avec : David Chiang, Ti Lung, Ku Feng, Li Ching et Chen Hsing

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Synopsis
Dans une Chine ensanglantée par les guerres de clans, Lei Li se fait une réputation de justicier en prenant la défense des faibles. Voyant en lui un rival possible, Maître Long organise le vol du trésor du clan du Tigre et lance une rumeur accusant le chevalier.
Attaqué par le Tigre et ses hommes, qui le croient coupable, Lei Li les met en déroute. Mais Long, que tous prennent pour un homme sage, surgit et propose à Lei Li un combat loyal, dont l'issue décidera de l'innocence ou non du jeune homme. De plus, le perdant aura le bras droit tranché...

Mon avis
Le voici, le voilà... L'ultime opus de la trilogie ! LE film de la trilogie qui a influencé le cinéma occidental ! Donc avant de donner mon avis, je vais recopier ce qui est marqué dans le petit livret ce trouvant dans le coffret contenant les 3 épisodes de la trilogie et les bonus très intéressants ! A acheter d'urgence !

Les influences sur le cinéma occidental (au milieu du 2ème paragraphe, il y a une comparaison très intéressante avec la première trilogie de Star Wars...)

La puissance de La rage du tigre reste intacte de nos jours, même si son efficacité dramatique doit tout à la littérature et la tragédie classique. Le douloureux renoncement de Lei Li et sa rédemption par le sang rappellent en premier lieu le théâtre de Shakespeare, analogie encore appuyée par le personnage de Maître Long, proche cousin de Richard III. Ce n'est donc pas à travers son moteur psychologique que le film de Chang Cheh a fait école dans le 7ème art, mais bien par ses seules qualités de style. Et plus précisément dans les visions dantesques de la din, qui font culminer la violence "carthartique" à son maximum. La colère accumulée en silence, et qui se libère au fil des dizaines d'adversaires massacrés, ce n'est pas celle du personnage (pendant longtemps résigné), mais bien celle du spectateur, frustré par les humiliations infligées aux héros.

Chang Cheh propose alors des images qui dépassent en excès ce que le spectateur le plus revanchard aurait pu fantasmer. La rage du tigre a-t-il pour autant inventé quelque chose ? Aux yeux des cinéphiles occidentales, ce système avait déjà été éprouvé dans La horde sauvage de Sam Peckinpah. Mais il manquait à ce film une donnée essentielle qui fait de La rage du tigre un éxutoire absolu : la dimension héroïque des personnages. Suicidaires, ceux de La horde sauvage restaient humains, et finissaient par périr dans le maelström qu'ils avait engendré. L'impression finale était plus amère qu'autre chose. Alors que Lei Li, au contraire, est transcendé par le déchaînement de violence. D'un blanc immaculé, il ne craint rien et châtie les méchants sans entrave aucune. Il devient surhumain.
Ces visions du fin du monde sont associées au Bien, ce qui conduit à penser que
Chang Cheh justifie par la morale tous les débordements graphiques, à la différence de la vision pessimiste de Sam Peckinpah. Repris par John Woo, le triomphalisme de la violence, un temps remis en question avec Une balle dans la tête mais totalement assumé avec A toute épreuve, est désormais traduit dans le cinéma occidental avec la même absence de retenue que chez Chang Cheh
.
Il n'est, à notre connaissance, que deux films occidentaux qui aient subi de façon directe l'influence de La rage du tigre, au point de le citer ouvertement au fil de séquences confondantes de ressemblance : il s'agit de L'empire contre-attaque et du Retour du Jedi, respectivement épisodes V et VI de la série de George Lucas : La Guerre des étoiles. Le parcours de Luke Skywalker peut jusqu'à un certain point être superposé sur celui de Lei Li.
D'abord innocents et incapables de se remettre en question, les deux héros arborent la même couleur blanche, symbole de pureté provocante. Et dans les deux cas, leur aventure initiatique culmine dans le questionnement de cette pureté, par le biais d'une mutilation identique, celle de la main droite (tout le bras, pour Lei Li). La mutilation intervient toujours au moment d'une remise en question profonde. Lei Li vient de perdre pour la première fois en combat singulier, et de cette défaite découle l'aveu implicite d'un crime qu'il n'a pas commis. De son côté, Luke Skywalker reçoit la révélation qui l'informe de sa parenté avec le mal absolu. La pureté des deux hommes est contestée, et c'est le moment pour le mal de les contaminer par le biais d'un canal symbolique : celui de la plaie ouverte par la mutilation. Suite à ce double viol, physique et moral, nos deux héros se retirent du combat. Choqués, ils doutent désormais d'eux-mêmes et vivent dans la honte de cette mutilation "révélatrice du mal". Les deux films vont jusqu'à traduire ces angoisses par le même outil visuel : Luke et Lei Li abandonnent leurs anciens habits pour revêtir une tenue intégralement noire qui camoufle aussi bien leur âme que leur blessure (la manche de Lei Li, le gant de Luke).

Au 2ème acte de La rage du tigre, au cours duquel Lei Li refuse obstinément de se défendre, répond la 1ère partie du Retour du Jedi, avec un Luke étonnament en retrait, dissimulé sous une capuche. Il leur faut le stimulant du martyr d'un ami/alter-ego (Han Solo pour Luke, Feng pour Lei Li) pour que les héros se réconcilient avec eux-mêmes et triomphent du mal intérieur. La mutilation change dès lors de signification et devient purificateur de l'orgueil qui faillit les condamner (ce qui n'est pas sans rappeler l'Evangile selon Saint Matthieu : "Si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi").

Tout ça pour dire que "La rage du tigre" a eu une influence énorme sur le cinéma occidental et notament sur sa trilogie la plus célèbre (Star Wars) et sent donc plus le chef d'oeuvre que les deux premiers films de la trilogie de Chang Cheh !

Ici, tout les compteurs sont remis à zéro. Nouveaux acteurs, nouvel histoire mais toujours le même réalisateur de géni, le réalisateur le plus apprécié du studio de la Shaw brothers. Mais pourtant, rien n'est novateur. Par rapport aux autres films du genre, c'est le même procédé. Surtout sur le thème de la vengeance, thème qui a été maintes et maintes fois repris. Mais voilà, encore une fois on tombe sous le charme du film Wu Xia. Combats sanglants, la même envie de vengeance,... un film qui se regarde avec plaisir. C'est téléphoné d'avance mais on apprécie... voilà ce que c'est que la Shaw brothers ! Maintenant, je n'ai vu que trois films de cette production et du même metteur en scène donc je raconte peut-être quelque chose de faux mais au nombre de films de kung fu (qui sont tout de même un peu pareils que les films Wu Xia) que j'ai vu, je peux dire que ça se répète souvent sans pour autant nous déplaire. Exemple frappant, c'est que quand le héros du film se retrouve au milieu de 80 gardes prêts à lui découper la tronche à coups de hache ou d'épée... et bien on sait déjà que le héros va quand même réussir à tous les tués (et même si il a une hache plantée dans son ventre !). C'est ça les films Wu Xia ! D'ailleurs si vous ne voyez pas de quoi je parle, allez voir la scène finale de "Kill Bill" où la mariée se bat contre la bande des 88 fous...

Ce n'est pas un chef d'oeuvre de trilogie mais un culte de la Shaw brothers et une référence des films Wu Xia ! C'est à consommer avec modération... Inutile de rappeler l'influence du film sur le cinéma occidental hin !

Posté par ablogapart à 23:50 - Chang Cheh - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LE BRAS DE LA VENGEANCE - 1968

De : Chang Cheh

Avec : Jimmy Wang Yu, Chiao Chiao, Tien Feng et Ti Lung

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Synopsis
Le héros, qui s'est retiré, se voit contraint de reprendre du service, l'organisateur d'un tournoi d'arts martiaux s'étant servi de ce prétexte fallacieux pour attirer et piéger tous ses rivaux dans le domaine du maniement du sabre.

Mon avis
Ce deuxième opus de la trilogie de Chang Cheh n'a quasimment rien de plus que le premier opus si ce n'est son scénario... On sent l'odeur du commercial rôder autour du film ! La question est : est-ce que ce deuxième vollet va gâcher le mythe ? Et bien la réponse est non ! Bien au contraire, la trilogie semble bien évoluer !

Après un an, à peine, que "Un seul bras les tua tous" sorte, Chang Cheh décide de tourner une suite au premier épisode dans un but purement commercial... L'annonce d'une suite à un film ayant été un succès commercial n'est jamais bon présage. Mais voilà quand on a un réalisateur de géni derrière la caméra, on peut librement prédire un nouveau succès commercial et... artistique ! Et comme nombreux le pensaient, "Le bras de la vengeance" est mieux réussi et plus abouti par rapport au premier épisode qui était un bon fim mais n'atteignant pas l'excellent film.

Plus enthousiaste, captivant, jouissif,... Bref plus tout ! La violence atteint un niveau à la "Kill Bill" de Tarantino (ça y est, c'est dit!) dont lui-même s'est inspiré du film. Les premiers jets de sang se dévoilent vers la fin du film qui est sans conteste la partie la plus violente du film ! Plus c'est violent mieux c'est apparamment ! Tout est très kitch. Il faut dire que les méchants sont plutôt burlesques tout comme leur mort. On en rit, c'est dire le degré d'humour qu'atteint le film ! Finalement, le vrai plus qu'il y a par rapport au premier opus, c'est l'action mais surtout l'humour !

Si on se mettait à la place du personnage principal, on aurait eu les mêmes réactions c'est à dire l'envi de faire payer à ses ennemies une mort bien sanglante ! Qu'est-ce que ça fait du bien de se venger !

Sans doute l'épisode qui se revoit le plus grâce à son humour et sa violence certaine...

Et pour la dernière, ces films ne sont pas appelés films de "kung fu" mais films "wu xia". Ne faites plus l'erreur s'il vous plait.

Posté par ablogapart à 20:10 - Chang Cheh - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 décembre 2005

UN SEUL BRAS LES TUA TOUS - 1967

De : Chang Cheh

Avec : Jimmy Wang Yu, Chiao Chiao, Shung-Shun Huang et Yin Tze Pan

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Synopsis
Lorsque le valeureux Qi Ru-feng, défenseur du peuple opprimé, est attaqué, son serviteur Fang Cheng n’hésite pas à se sacrifier pour le sauver. 13 ans plus tard, son fils Fang Gang, est devenu un artiste martial hors-pair et s’apprête à succéder à Ru-feng, qui l’a élevé comme son propre fils. Mais cette situation éveille la jalousie de la fille de Ru-feng, Pei-er qui, en compagnie de deux autres disciples frustrés, va provoquer Gang, et lui trancher le bras par traîtrise.
Recueilli par la jeune fermière Xiao-man, Gang se résigne à abandonner les arts martiaux en raison de son infirmité… jusqu’au jour où il apprend que la vie de son maître est menacée. Déterminé à reprendre du service, il invente une technique de combat redoutable grâce à l’épée brisée de son défunt père et un manuel d’arts martiaux à moitié brûlé ayant appartenu à celui de Xiao-man…

Mon avis
Allez, c'est parti pour un visionnage de la trilogie culte de la Shaw Brothers !
Ormis "La rage du tigre", les deux premiers épisodes sont quasimment inconnus en Europe. J'ai envi de dire : à tord ! Mais en même temps ce film n'a rien de réellement renovant. Tout est un peu téléphoné. On connait d'avance la fin, bref le scénario n'est pas tellement exceptionnel. Non ce qui rend ce film réellement allèchant c'est le mythe qui enveloppe cette trilogie. 

Un peu d'histoire... Le mythe qui entoure cette trilogie est immense à Hong Kong et est considéré comme la vraie référence de la Shaw brothers et pourtant tout ce mythe commence au Japon avec le masseur aveugle, Zatoichi. Ca part du même principe, une personne normal experte en art martial et maniement du sabre possède un handicap (aveugle pour Zatoichi et manchot pour le sabreur) et le transforme en atout pour devenir une légende.

On retrouve les décors du célèbre studio hongkongais, à la "Les 8 diagrammes de Wu-Lang". Sûr qu'ils sont mals faits mais ils sont tellement charmants qu'on en oublie les petits défauts. Tout est très discret, très petit. Petites musiques qui s'intercalent dans les moments "révélateurs" du film. Les mouvements de sabre provoquant des bruits propre aux films Kung fu de Hong Kong. En fin de compte, tout est parfait pour se dépayser loin du cinéma Hollywoodien !

Dans le genre, les chorégraphies ne sortent pas du lot. La comparaison avec "Il était une fois en Chine" fait très mal ! Ce ne sont pas des combats purement jouissifs mais ça reste convenable et se regarde sans aucun problème.

Sans être un chef d'oeuvre, le premier opus de la trilogie de Chang Cheh se présente comme être un bon film de kung fu. Son succès à sa sortie est amplement mérité. Succès qui encouragea les producteurs à produire une suite... c'est le début d'une trilogie culte !

Posté par ablogapart à 19:33 - Chang Cheh - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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